Bien vivre son chômage: mode d’emploi

Etre inactif, sans emploi, au chômdu’, bref ne pas travailler ni recevoir de cette activité salariale une rénumération, fait figure de fléau.
Faites l’expérience. Dans une soirée, à la question : “que faites-vous dans la vie?”. ” Rien de particulier, je suis au chômage”, répondez-vous. Et comptez le nombre de nouveaux amis que vous vous faites tout-à-coup.
Autre situation : vous voulez prendre en crédit à la consommation ou louer un appartement plus grand. Vous êtes pourtant accompagné d’une personne qui gagne sa vie, elle, et qui se porte garante de vos égarements professionnels. Mais vous ne parvenez
à rien car vous avez osé dire le mot interdit : chômage.
Bien plus, même si vous vous en êtes jusque là plutôt bien sorti, qui vous soutient quand vous êtes seul devant votre glace en vous demandant quelle est votre place dans la société?
Se lever tous les jours, sans forcément avoir de programme défini peut paraître grisant au début. Vous vous dites, en effet, que c’est plutôt bien, ce petit congé forcé aux frais de la princesse. Mais, bientôt, vous vous sentez à l’ouest, à l’écart des choses, vous avez un rythme étrange. Vous vous occupez, bien sûr, mais vous sentez que chaque chose accomplie n’est qu’ un ersatz de votre ancienne vie professionnelle. C’est la déprime…
Pourtant, je trouve que faire une pause de temps en temps, par exemple, une fois tous les 5 à 7 ans, ça a du bon. Simplement, il faut trouver la bonne manière : une mise en dispo, une fin de contrat, un congé pour formation, voire un licenciement (ça, c’est un peu hardcore tout de même!)
L’important est de savoir ce que vous allez pouvoir faire de cette “respiration”. Pourquoi ne pas en profiter pour arranger votre intérieur, profitez-en pour faire les brocantes… pour vous débarrasser de ce qui traîne chez vous depuis des lustres. Savez-vous que dans la philosophie feng shui, garder l’inutile bloque les énergies positives. Changer les couleurs de murs pour voir la vie différemment….
Ou bien, faites le point sur vos envies professionnelles ou privées : envie de changer de type de travail ou de domaine professionnel, de devenir artiste ou écrivain, de faire des voyages… Bref, en peu de temps, vous saurez que finalement, malgré quelques désagréments dûs à vos peurs enfouies, à un sentiment justifié de manque de sécurité et un certain désemparement naturel ou pire, à l’incompétence notoire de certains agents de l’ANPE ou des ASSEDIC, des portes s’ouvrent à vous...
Une fois, que vous avez repris confiance en vous: Non! Vous n’êtes pas nul; non tout n’est pas de votre faute! Oui, vous aviez envie de faire autre chose, c’est l’occasion; oui vous avez des projets à la pelle, vous !! Vous allez pouvoir faire des recherches ciblées: quel projet, quelle formation, quels moyens (ou plutôt quel organisme pour les subventions éventuelles…!) Ensuite, reprenez le sport, le macramé ou le point de croix, enfin toutes ces activités que vous maîtrisez et qui vous donnent ou vous redonnent un sentiment de puissance, même si le défi n’est pas si insurmontable.
Voilà, vous allez mieux. Sinon, une visite chez un psy agréé, un homéopathe agréé, un acunpuncteur agréé, voire un art-thérapeute agréé, vous permettra de ranger tout ce bordel que vous avez dans le coeur et dans le cerveau. Enfin, vous saurez pourquoi vous avez parfois envie d’étrangler vos responsables, ou pourquoi vous laissez des collègues moches et nuls vous marcher dessus, vous qui êtes plein de vie et de charme, ou encore pourquoi votre métier vous ennuie et pourquoi vous passez votre vie à faire le médiocre, voire le pire au lieu du convenable.
Je ne vous cache pas que le chemin est semé d’embûches et parfois vous arrivez à une impasse qu’aucun panneau n’annonçait. Mais, sachez-le des gens vous envient secrètement autour de vous. Et, si vous travaillez bien sur votre personnalité, votre intérieur et sur votre sociabilité, vous finirez par triompher. Bien sûr, restons honnêtes, le nouveau boulot ne sera pas forcément le paradis tout de suite, cependant l’important, c’est que vous avez pris le temps de vous poser pour penser à vous et déterminer à quelle sauce vous voulez être mangé.
Dans une société qui va à tout de vitesse, qui broie les individus comme des noix quand ils sont un peu hors-norme, qui vous fait miroiter un eldorado peuplé de fantômes à dentiers amovibles et d’escarres malodorants, vous avez su penser à vous et arrêter la fuite surréaliste du temps.
Si on vous jette, vous dormirez sur le sol le coeur tranquille.
Rauschenberg, artiste américain dont le travail se revendique à la fois des Dada, de l’Expressionnisme abstrait et du Pop art, inventa notamment un langage singulier communément appelé “Combine paintings”. Ici, avec “Bed” (1955), des éclaboussures de peinture recouvrent une partie d’une couverture, formant lit. Si l’image violente sous-entend la figuration d’une scène de viol, nous retiendrons surtout l’idée que cet artiste adopta une démarche contestataire. Son art critiquait la soi-disante nécessité du recours à un matériel coûteux pour peindre. Primait alors pour lui l’expression, lui qui souffrait de n’avoir à l’époque pas un sou pour acheter des toiles.
