Jeux interdits ou Les plaisirs d’enfance

Hier, nous sommes allés voir le feu d’artifice de quartier. Pour la première fois, nous pûmes assister à cinq spectacles en simultané car les communes avoisinantes faisaient le leur aussi.
Mon regard essayait de saisir tout en même temps, le proche et le lointain, le silencieux et le tonitruant. Ce fut un moment magique rempli de lumière, de formes tentaculaires, de bruits sourds et claquants, de flammes bondissantes dans toutes les prunelles ébahies…
En Art, on dirait peut-être que nous avons faire l’expérience du Sublime: ce sentiment de stupeur, d’effroi mêlé de ravissement et d’excitation qui donne envie de crier et de succomber à la beauté de la nature en spectacle devant nous.
Regarder ce feu d’artifice me fit une impression bizarre. Je me suis rendue compte alors que si j’aimais les paillettes, c’était peut-être qu’inconsciemment j’essayais de recréer le scintillement de ces feux d’artifices, vus pendant mon enfance et imprimés dans ma mémoire rétinienne. Et, je me suis demandée quels étaient pour moi ces plaisirs d’enfants.
Je vous livre les miens tout-à-coup : envie de sauter dans les flaques d’eau avec des bottes en plastique vert, manger du Nutella avec les doigts, aspirer les spaghetti pleins de sauce tomate d’un seul coup en s’en mettant partout au moins jusque sur le front, monter dans les arbres, faire tourner sa robe légère pour montrer sa culotte, raconter de gros bobards à un policier, faire un canular téléphonique, mâcher les épinards la bouche ouverte, mettre une salopette jaune, élever une colonie de mouches, se mettre du Tippex sur les ongles des mains, mettre des collants à fleurs, dormir avec un nounours, faire une soirée pyjama entre copines, se mettre des frites dans le nez, ouvrir son parapluie en plein soleil, faire tomber les conserves rangées en pyramide dans la superette du coin, sonner à la porte des voisins, faire peur au chien de la voisine, porter des culottes trop grandes, se mettre du rouge à lèvres en débordant, porter un boa orange fluo pour aller à l’école, tricher aux cartes, dessiner des coquards aux madames dans les magazines, mettre des fausses dents en guimauve, pendant l’orage voir des films qui font peur , porter des gants de grandes dames et des chapeaux à plumes, tirer la langue aux pas gentils, indiquer une fausse direction à un passant, suivre une personne pour faire semblant de jouer au détective, rêver d’être Wonderwoman ou la Princesse Leïa… et tellement d’autres…
Je vous avoue que ce ne sont pas tous forcément des rêves d’enfants…. Il y a des moments où j’aimerais bien oublier que je suis une adulte et prendre tous les droits… Et vous, quels sont vos plaisirs d’enfants, ceux dans lesquels vous vous réfugiez, peut-être pour vous sentir vraiment vivant ?