Exposition au Grand Palais du Douanier Rousseau

Publié le par yokai

douanier rousseau1.jpg

Je suis allée voir l’exposition du Douanier Rousseau. L’art naïf m’intéresse beaucoup et j’avais eu des échos plutôt positifs concernant cette manifestation, proposée par le Grand Palais.

Douanier3jpg.jpg

A côté de ses productions les plus connues de jungles imaginaires comme “Surpris”, de compositions surréalistes comme “Le rêve”, ou pleines d’humour comme “Les joueurs de football”, on peut voir également quelques portraits. L’exposition propose de mettre en regard son travail et ce qui l’inspira surtout, le Jardin des plantes et son époque.

Grâce à une scénographie plutôt bien équilibrée, utilisant une signalétique simple, lisible et pertinente, le visiteur découvre la personnalité de cet artiste un peu à part et remonte le cours du temps, à l’époque de la Colonisation, de l’Exposition universelle et des innovations technologiques.
Henri Rousseau n’avait pas vocation à devenir peintre, il n’a pas suivi de parcours dit “académique”. Son intérêt s’est porté sur ce qu’il voyait tous les jours et sa peinture révèle son incroyable imagination, sa qualité de metteur en scène, son regard sur son temps et une démarche singulière qui se déclara tardivement, âprement défendue face à de nombreux détracteurs. Et pour cause, beaucoups se sont moqués de la facture maladroite de ses productions, du problème de proportions de ses personnages…

Pourtant, en regardant de plus près, on remarque le souci de la perspective, le grand équilibre dans le choix des couleurs ainsi que la rigeur dans le lien qu’il a tissé d’une oeuvre à l’autre, tant chromatique que sémantique. Les figures surtout des animaux sont nées de ses observations de la faune du Jardin des plantes, l’éxubérance de la végétation presque oppressante aussi. Par contre, les figures humaines sont plutôt grossières, les poses hiératiques et très simplifiées. Pour parler des couleurs, il faut aimer le vert assurément: les camaieux de verts se marient savamment à des ocres, des roses et des fuschias, des orangés et blancs-gris…mais aussi des teintes brunes presque noires parfois.

Douanier1.jpg

La faune se fait hostile, sensuelle et chaude. Elle se fait mystérieuse et sombre comme le regard de “La charmeuse de serpents”. Toutes les informations provenant des colonies de l’époque ainsi que toute la littérature issue de l’engouement pour le voyage et la recherche d’exotisme n’y sont peut-être pas étrangers.

Douanier2.jpg

Présentent aussi des toiles drôles où le peintre se moquait ouvertement d’évenements de la vie publique. Egalement, et elle termine l’exposition, une toile qui valut au peintre l’étiquette d’artiste surréalise “Le rêve” .
Le spectateur voit une femme dans un sofa, posé en plein milieu de la jungle. L’histoire dit que ce sofa serait la réplique de celui du Douanier rousseau. Faut-il voir dans ce tableau, comme la mise en scène d’un fantasme personnel ou un avertissement. Pour en juger, courez voir l’exposition qui se termine dans 4 jours.

Côté livre, le catalogue d’expo est bien fait. La librairie propose des ouvrages pour toutes les bourses et pour tous les niveaux ainsi que de documents audiovisuels. Mais, si on s’interesse plus généralement à l’art naïf comme moi, on est un peu déçu car elle ne possède rien sur le mouvement. Dommage, car il fut le mode d’expression privilégié de certains pays comme ceux de l’Europe de L’Est contemporaine, notamment.

Pour plus d’infos sur le peintre, voir par ex:
http://perso.orange.fr/le_douanier_rousseau/

http://www.rmn.fr/douanier-rousseau/index.htlm

signature emma.jpg

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article