Mon nom est Tsotsi

Réalisé par Gavin Hood et libre adaptation du roman éponyme du romancier sud-africain Athol Fuyard, “Tsotsi” est un des meilleurs films que j’ai vu dernièrement.
Dans un bidonville proche de Johannesburg en Afrique-du-Sud, un jeune homme orphelin a occulté tout souvenir de son passé. Il se fait appeler Tsotsi (ce qui dans le jargon du ghetto signifie “voyou”, “gangster”) et dirige une petite bande de marginaux : Boston, instituteur raté et garant de la morale, Boucher, assassin de sang-froid complètement disjoncté et Gorille, gentil costaud au QI sous développé et un petit peu con. Après une de leurs exactions, une dispute oppose Tsotsi à Boston. Pris d’un accès de rage extrême, Tsotsi tabasse Boston, puis s’enfuit dans la nuit, abonnant son ami à demi-comateux. Son errance le conduit dans une banlieue chic où il agresse une femme en lui tirant dessus, puis s’échappe en lui volant sa voiture. A l’arrière du véhicule pleure un bébé… A partir de ce moment-là se pose un cas de conscience pour le jeune homme : abandonner l’enfant à son sort ou partir avec… Suite à cet évènement le personnage va prendre petit à petit une autre voie que celle qu’il avait décidé de suivre, redécouvrant son humanité perdue.
L’interprétation de l’acteur de Tsotsi (Presley Chweneyagae) est incroyablement puissante. Il est particulièrement charismatique et saisit le public par sa capacité à nous émouvoir. Son personnage ambigu plonge le spectateur dans la peur, le dégoût, le reproche, la béatitude, la pitié et l’espoir.
La musique très présente participe vraiment à l’ambiance du film et lui donne une dimension réaliste. Pour avoir vu le film en VO (of course!), j’ai découvert la langue de ce pays que je ne connaissais pas (sorte de mélange d’anglais et d’ “afriquain”), cela donne parfois des sonoritées rigolotes.
Loin des clichés et des à-prioris sur la misère des ghettos, le film est un véritable message d’espoir qui fait réfléchir sur la nature humaine.
Si vous avez aimé l’excellent “La Cité de Dieu” (adaptation du roman de Paulo Lins) de Fernando Meirelles (réalisateur également de “The Constant Gardener” ), ou “Hijack Stories” de Oliver Schmitz, vous devriez adorer ce film!
