Les Nuits Rouges du Bourreau de Jade

Publié le par HeiKi MaUZe

Voilà un petit moment déjà que je n'avais pas pris la plume pour vous parler cinéma. Pris entre 2 séances de cinéma, ou la réalisation de moult illustrations pour Improzine et Haaa... Les Livres De Fesses, je n'avais pas beaucoup de temps pour vous rédiger un petit article croustillant à souhait... Je répare donc cette injustice et vous invite à découvrir le film "Les Nuits Rouge du Bourreau de Jade" de Juilen Carbon et Laurent Courtiaud.

 

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Bref résumé : Carrie est obsédée par les châtiments du Bourreau de Jade (exécuteur du premier empereur de cCine), il torturait ses victimes à l’aide de redoutables griffes et d’un poison provoquant un plaisir extatique mortel. Avec la complicité de son amant, elle explore des perversions sadiques inouïes et rêve de redonner vie à la légende en mettant la main sur la potion maudite...

 

Le cinéma est décidemment un bel outil de métissage des cultures, et ce film en est une belle preuve en soi. Réalisé par des Français, tourné à Hong Kong et interprété par des acteurs français et chinois, on y retrouve tous les ressorts assumés du cinéma asiatique :  Wong Kar-Waï n'est pas très loin, pour la beauté de la photo et l'esthétique du film, l' intrigue se place dans la lignée des polars de Jean-Pierre Melville (pour la caractérisation des personnages en souffrance.)

 

Au coeur des nuits de Hong-Kong, Carrie (interprété avec une grande sensualité, sublime et vénéneuse par Carrie Ng), une femme d'affaires au charme glaçant, se délecte d'infliger de terribles perversions à de jolies masochistes (la scène du lit de suffocation est incroyable). Ingénueuse pour ce qui est d'administrer la douleur, il lui manque tout de même quelque chose pour sublimer son art jusqu'au paroxisme... Ce quelque chose, c'est le poison disparu du Bourreau de Jade caché dans une antiquité chinoise. C'est là qu'apparait le personnage de Catherine (interprété avec sobriété par Frédérique Bel, plutôt abonnée à la comédie habituellement), une jeune française traquée par Interpol après avoir assassiné un homme politique et qui se trouve en possession de l'objet tant désiré sans le savoir. C'est par l'entremise de Sandrine (Carole Brana), une trafiquante d'art, que se fera la première rencontre entre les deux femmes. Le duel entre elles-deux sera féroce et tous ceux qui leurs sont plus ou moins proches devront en souffrir...

 

Anciens journalistes spécialistes du cinéma asiatique, puis scénaristes pour Johnnie To et Tsui Hark, les deux Français expatriés à Hong-Kong, Julien Carbon et Laurent Courtiaud, nous gratifient d'une véritable déclaration d'amour au cinéma hong-kongais dans cette première réalisation très réussie.

 

A noter que malgré toutes ses qualités, le spectateur français doit une fois de plus patir d'une distribution minable. En effet, peu de gens auront la chance de découvrir ce film en salles, puisqu'il n'est sorti que 15 copies seulement la première semaine, réduites à 7 pour la deuxième. Ce qui fait sourire au vue des obligations de tourner une partie du film en français sous prétexte d'une production française et de toucher un plus grand public dans notre beau pays... A quoi bon, si on ne donne pas la possibilité de le découvrir???

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Les extraits que j'avais vus de ce film quelques semaines précédents sa sortie confidentielle dans les salles françaises donnaient déjà le ton du genre et de l'ambiance : un couple excentrique, une femme déterminée, un rythme lent, des scènes de tortures cruelles, un objet très ancien et convoité, des gangsters... et une très belle photo d'ensemble qui faisait saliver d'envie.

 

Promesses tenues. L'histoire tourne autour d'un objet antique, hardemment recherché pour ce qu'il cache en son sein, un poison décuplant les plaisirs comme les souffrances pour celui qui sait s'en servir. Carrie (Carrie Ng), femme  double, à la fois charmeuse et perverse, tordue et manipulatrice, cherchera à tous prix à l' intégrer à sa bizarre collection d'objets de luxe, érotiques et rares. Alors que l'intrigue nous dévoile peu à peu ses protagonnistes, J. Carbon et L. Courtiaud, pour la première fois à la réalisation, mettent en place une esthétique singulière : sobriété de la narration, décors signifiants impeccablement filmés, personnages bien campés...

 

Je n'ai pas  pu m' empêcher d'apprécier les subtiles mélanges d'influences franco-asiatiques et de pointer  les divers hommages rendus aux cinémas de genre. Le film semble reposer sur un structure duale. Par exemple : le personnage de Carrie, toute en douceur le jour et effrayant de cruauté la nuit, face à celui de Catherine, voleuse aux abois, déterminée et fragile, très justement interpété par Frédérique Bel; le jour des rues baignant dans une lumière claire et parfois bleutée, face aux nuits sombres et rouges des intérieurs...

 

Enfin, j'admets que certaines scènes de "tortures" dont la force et l'impact visuels sont décuplés par le choix des plans et des éclairages, m'ont tiré quelques grimaces (de plaisir, de souffrance ?) Les moyens que ce sont donnés les deux scénaristes français me semblent néanmoins tout à fait  justifier leur fin, et plus précisément leur propos.

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Publié dans CINOCHE

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