Il y a quatorze ans, j’ai découvert l’ artiste Hans Bellmer, peut-être au détour d’un livre sur le surréalisme, mouvement artistique qui m’intéressait fortement à l’époque.Quand j’ai appris quelques quinze années plus tard que le Centre Georges Pompidou proposait une grand rétrospective, j’ai bondi. Je suis allée à la Conférence que le Centre organisait ainsi qu’à l’exposition. Une joie fébrile mêlée d’angoisse m’a étreinte quand j’ai vu son oeuvre, enfin, commentée. Je connaissais déjà ses scultpures mais pas ses gravures ni ses remarquables dessins.
La conférence rassemblait plusieurs spécialistes en art, d’origine européenne et une comédienne qui lisait des morceaux choisis de l’oeuvre écrit d’Hans Bellmer. Tout à tour, les intervenant présentaient un artiste passionné par le corps féminin, intransigeant et sans concession par rapport à son oeuvre et sa démarche artistique. Très vite mis dans la catégorie des pornographes, H. Bellmer mis du temps à imposer sa vision de la femme, sujet central de son oeuvre. Pour lui, la femme doit être montrée de l’intérieur grâce à la force imaginative de l’esprit créateur qui l’aime totalement jusqu’à vénérer ses organes. Là, où de nombreux artistes proposent un regard détourné, faussement pudique sur le corps d’une femme allongée, en usant d’artifices de mise en scène, l’artiste surréalise, lui, préferre une représentation raccourcie, polymorphe et bizarre. Je suis sortie éblouie et grisée car je sentais qu’enfin je comprenais pourquoi cet artiste provoquait une telle attraction sur moi. Le goût pour la perversion ou la transgession?
L’exposition présentait les dessins, les gravures, les assemblages, les sculptures, les photographies et les collections d’objets produits par l’artiste.
La représention sexuelle est manifeste: des fesses, des seins, des vagins et des pénis brandis frappent d’abord. Si le curieux pousse un peu plus loin, il découvre alors derrière les corps un art du désir et de l’amour charnel. Il s’aperçoit aussi de la grande fertilité et de la diversité de la création de cet artiste français d’origine allemande dont l’oeuvre pris un tournant avec l’avènement d’Hitler au pouvoir.
Sa poupée grandeur nature date de cette époque, comme le symbole d’une contestation sourde mais violente de la manipulation politique.
Puis, la poupée devient un manifeste et une démarche artistique. Les différents dessins, réalisés à l’encre, à la craie et à la gouache surtout, montrent une certaine dextérité, les peintures des procédés picturaux originaux comme la décalcomanie. Les sulptures sont des morceaux choisis des différentes désarticulations qu’il faut subir à l’anatomie féminine. Enfin, les photographies mettent en scène un être à quatre jambes ou bras, où le tronc se fait curieusement absent. La femme est d’une beauté froide, troublante, obsédante.
Toute son oeuvre transpire pour moi d’une sensualité perverse, gangrénée par un regard voyeur. Un travail remarquable s’il on arrive à faire abstraction qu’il semble s’agir finalement que d’une histoire de cul!
A se procurer si cela vous intéresse le très beau catalogue d’exposition, réalisé par le Centre Pompidou: “Hans Bellmer, anatomie du désir”, éd.Gallimard/ Centre Pompidou, env. 35 euros. Il comporte notamment une bibliographie très riche sur l’artiste, dont malheureusement certains livres restent difficiles à trouver.
Liens éventuels:
http://www.feugereux.info/b3/bellmer.htm


























Excellent troisième album par la pétillante Emilie. Je suis tombé sous le charme avec le premier album, et son concert à Sannois le 7 avril dernier pour son nouvel album Végétal, ma conquis définitivement.
Décidément le cinéma d’horreur britannique est en très grande forme cette année! Après le magistral “The Descent” de Neil Marshal, voila que nous arrive de sa campagne irlandaise, “Isolation” le premier film de Billy O’Brien et grand prix du festival de Gerardmer 2006. Ce film crée la surprise par son ambiance oppressante et claustrophobique. Le scénario est assez simple : un exploitant agricole ruiné loue son exploitation à un labo biotechonologique dont le but est d’accroître la fécondation du bétail. Très vite l’expérience dérape, et les conséquences s’avèrent catastrophiques. Après lecture d’un tel scénario on avait le droit d’être sceptique ou de s’attendre à un bon vieux film de série Z, et là non, grosse surprise! La magie s’opère par le jeu impeccable des acteurs du film (inconnu pour ma part!), la justesse des cadrages et les décors glauques d’une exploitation agricole à l’abandon. Tout cela tourné en hiver avec une lumière blafarde et conférant à l’endroit un aspect bien moisi!
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°